Friday, September 28, 2007

Universitario vs Blooming

(Il importe, pour une expérience intégrale, de lire ce qui suit avec un accent français. Notez que les noms des joueurs sont inventés pour plus de réalisme)

Accueillie au stade de la patrie San Francisco Xavier de Chusiquaya sous les sifflets de la foule, à la manière des trois officiels qui les précédèrent, l’équipe bleu et blanche de Santa Cruz semblait d’emblée intimidée. Alignant un puéril 4-5-1, elle concédait d’entrée de jeu le rôle offensif à l’Universitario disposé en un 3-2-3-2 cher à ses supporters. Partisans venus par milliers, et disposer aux quatre coins de l’enceinte, à la manière de ce condenser des lumières de la ville visible au loin sur les collines surplombant le stade. C’est sous cette lumineuse présence et sous le regard de cette bienveillante pleine lune d’oranger vêtue, que le coup d’envoie officielle fût donné.

D’entrée de jeu, l’équipe de Sucre pris le contrôle du milieu, avec un Quispe des grands soirs, en pleine possession de ses moyens. Le dynamique numéro 10, tenant les spectateurs sur le bout de leur siège grâce à ses fluides touches de balle, attirant l’attention de tout le milieu adverse, libérait les flancs pour les percées rapides de ses coéquipiers Vargas, et surtout Mamami, en total domination de l’aile droite. La grosse cylindrée des Azulnaranja perforait ainsi, à la manière de gigantesques pistons, les positions latérales du pauvre Blooming. L’équipe de Santa Cruz, gloire déchue des oligarques du gaz, ne pouvait que subir les actions adverses, ne devant une limitation des dégâts qu’à la solide paire Albó-Rodríguez, intraitable au centre, en parfait contrôle du jeu aérien. Les seuls espoirs des visiteurs reposaient alors sur les contre-attaques lancées sous forme de longues balles vers Mesa, leur rapide attaquant de pointe. La défense des locaux, à l’exception d’une faute grossière du capitaine Moralez qui le voyait sanctionné d’un jaune dès la sixième minute, s’avérait cependant intraitable. Dirigeant sa ligne de main de maître, Moralez jouait systématiquement le hors-jeu, si bien que Mesa se trouva hors position à sept reprises en première demie seulement, tuant dans l’œuf toute menace possible.
Dès la demi-heure de jeu Cardozo, l’entraîneur du Blooming, tentait un redressement du milieu, faisant entrer Pachi en récupérateur à la place de l’axiale Rojas. Espérant contrer Quispe et désormais Castellón en éveille, la stratégie ne portait pas fruit. Les meilleures chances des receveurs survenant d’ailleurs de Quispe sur coup franc direct (34), puis, sur la même séquence, de Castellón qui dégomma sa frappe sur la barre alors que Zenteno, le puissant attaquant, dévissait à la réception un boulet hors cadre (42). Malgré sa domination, l’équipe locale rentrait au vestiaire avec tout encore à faire, victime de son manque criant de réalisme.

À la reprise, un léger manque de rythme se fit sentir. Une légère fatigue de part et d’autre, sans pour autant voir diminuer l’intensité, résultait en une série d’actions décalées, en une série d’imprécisions chroniques qui vit Sánchez, l’arbitre en chef, distribuer pas moins de neuf cartons jaunes en deuxième demie. Le jeu se ressaisit vers la 60e minute, et l’on vit alors les deux chances les plus franches du Blooming. D’abord sur coup franc de Saucedo, arrêté sur la ligne par un Maldonado en parfait contrôle de son espace (61), puis une frappe sèche de Mesa, des trente mètres à raz le sol qui passait tout juste à la droite du gardien, léchant le poteau (66). Le reste de la partie allait cependant revenir à l’Universitario. À la 71e minute, Moralez, profitant d’un revirement dans sa surface de réparation, lançait Quispe dans l’axe. Utilisant sa vitesse pour battre le milieu adverse, il enchaîna dans l’aile sur Llanos entré à la place de Mamami cinq minutes plus tôt. L’action étant si rapide que la défensive blanche et bleue oubliait le dangereux Zenteno (Pichini du championnat avec 9 réalisations) à l’entrée de la surface. Celui-ci n’avait alors aucun mal à rediriger le centre de Llanos derrière Da Silva, d’une superbe reprise de volée en ciseaux. 1-0 Universitario. L’équipe de Sucre allait obtenir encore quelques bonnes chances malgré une réduction à 10 suite à l’exclusion de Campos sur deuxième carton jaune, pour une faute imaginaire sifflée par l‘arbitre (80). Le score allait demeurer ainsi, avec une équipe de Blooming pouvant se compter chanceuse que les attaquants adverses n’ait su concrétiser davantage leurs chances. Un peu de tension et d’aggresivité de la part des joueurs du Blooming à l’endroit de l’arbitre vit une intervention rapide des policiers se réaliser, si bien que le match se terminant somme toute dans le calme.

Je m’excuse pour le court résumer qui paraîtra une longue série d’inepties pour les non initiés. Si je m’étends autant dans le descriptif, c’est que Yannick m’a reproché de ne pas écrire assez, alors je vous gave. D’un point de vue plus personnel, je dirais que l’expérience fût fort agréable. Je situerai le calibre entre celui de la MLS et de la USL (entre la première et la deuxième division de soccer nord-américaine, l’Impact jouant dans la deuxième, Beckham dans la première). Je crois néanmoins, pour des questions d’ordre géographique que les meilleures équipes de la Liga del Fútbol profesional Boliviano (The Strongest, La Paz FC, Real Potosí, etc. Jouant toutes à plus de 3600 mètres, 4100 pour Potosí), battraient à domicile la plupart des équipes de la MLS. Il ne faut pas oublier que la Bolivie (somme toute petit pays, 8 millions d’habitants) doit d’abord et avant tout son piètre classement FIFA au fait qu’elle joue la majorité de ses matchs contre des équipes comme l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay ou encore le Chili et la Colombie.

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