À l’abri dans le coqueron qui me sert de chambre… Prisonnier dans cette cellule mansarde, devrais-je dire. Les dieux se déchaînent au-dessus de la capitale. Pluie, tonnerre, grêle… Grêle ?!? Icebergs plutôt, il neige des cubes de glace à vous fracturer le crâne. Ça tombe bien, j’avais une petite heure à perdre. Je m’emmitoufle dans mon bunker et je vous écris en espérant que sa passe d’ici deux heures (c’est que j’ai des responsabilités moi…). Flavie chante la maison dans ma tête et je me sens bien, je me sens proche.
J’ai commencé hier mes recherches. Dose de stress conjoncturel à l’approche des lieux. Ne sachant ce qu’allait être mon travail précis, celui-ci ne me perturbait pas, c’était davantage l’aspect formel, institutionnel de la démarche qui occasionnait chez moi un léger accroissement de ma sudation et de mon rythme cardiaque. L’idée d’une entrevue en espagnol avec la directrice des archives n’était pas à classer du côté des moments de bonheur anticipés. Tachycarde dans ma déambulation de ce Babel colonial – l’édifice à même lequel se trouvent les archives et la bibliothèque nationales est probablement le plus beau de Sucre, bâtisse coloniale rénové de manière moderne, mais avec un souci de préservation historique – je bénéficiai des hasards habituels qui ponctuent ma vie comme un champ d’éoliennes au milieu de la Gaspésie : la directrice n’était pas là hier. Je rencontre donc une sympathique technicienne, dont la simple régression hiérarchique suffit à me détendre. Je m’exprime somme toute clairement, je comprends tout ce qu’elle me dit, elle m’aide à me lancer et je décolle. Fouille d’indexes d’abord. Gauche, droite, j’en ai déjà le torticolis, ils sont où mes Indiens rebelles ? J’en trouve dans la cour supérieure de justice, mais c’est peu… Je m’attaque bientôt au ministère de l’intérieur, et pourquoi pas celui des haciendas… Mais il y a tant d’années, tant de sujet, tant de documents écrits à la main par des semi analphabètes. Pousse en moi l’historianisme à grand coup de paperasse. Je me fatigue, je m’excite, je crains le déplacement vers La Paz, et j’ai hâte de me replonger, de coton ganter, dans se mélange de papier et de mycoses.
Je pense au doc, tranquillement. Je magasine petit à petit, je regarde aussi l’irréaliste. Pour le plaisir. Pour tout c’est doctorants, Yale paye les tuitions fees pour la durée du doc (environ 35 000 $US par année) et offre une bourse (pas sous la forme d’assistantship ou de cossins du genre, une bourse) annuelle minimale de 20 000 $US, également pour la durée des études. Bon, ils acceptent moins de 10 % des étudiants sur les milliers de demandes reçues, mais quand même…
La pluie a cessée, il faut que je me rende à la banque pour réclamer l’argent que le guichet automatique a débité de mon compte sans me le donner pour autant. Il faut ensuite que je me rende au bureau de l’immigration pour récupérer mon passeport nouvellement visaté. Ensuite, retour aux archives…
Je vous embrasse.
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1 comment:
Ici, on bat des records de chaleur. Na! na! Les couleurs sont époustouflantes.
Est-ce que les archives sont classées sur support informatique (pour effectuer les recherches de documents)?
Peux-tu utilitiser internet
dans ta chambre, aux arhives.
Qu'en est-il de tes loisirs : patinage sur glaçons, labyrinthes, docterat, ...
C'est d'accord pour le pesto.
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