Demain voit la radicalité devenir maîtresse des changements de ma vie. Renouvellement de mon visa et, surtout, amorce de l’activité à la racine de mon déplacement austral. Demain, je deviens historien. J’ai assez repoussé à coup de cours de langue le commencement de mes activités scientifiques. Repoussé jusqu’à la saturation en fait. J’ai laissé tombé mes cours de jeudi et vendredi, trop conscient de la limite à la somme de données assimilable par mon cerveau. Un peu d’argent gaspillée certes, mais quel bien cela m’a-t-il fait. Le soleil plombait, Sucre souriait comme d’habitude, et m’a vie avait besoin d’un peu plus de ma présence. Ma semaine s’est peuplée de manière inversement proportionnelle aux premiers instants de mon séjour. Un tour du monde d’amitié qui s’articule dans l’excès, se solidifie dans la tranquillité. Échange d’idées, de courriels, de fluides, le suintement de la démesure exacerbé par l’intensité du temps qui file et se défile, par le carpe diem obligé du voyage qui te mène partout et nul par à la fois. Entre le petit joint et le câlin, entre la grosse bière et cette sommation d’hiers, ma semaine aura été un plein de sociabilité essentiel avant mon retour taciturne au sérieux.
Dostoïevski me possède, Braudel me rappel les croûtes que j’ai encore à mangées (dans la longue durée je crois), en étudiant, j’entends au loin les encouragements chauvins de Lorca et de Fuentes. Malgré la masse temporelle ridicule que je passe à accroître mes différents travellers IQ (aujourd’hui : 135), je demeure actif intellectuellement, littérairement à tout le moins. Pas mal de films aussi. Presque toujours latinos. Mexique, El Salvador, Bolivie, pas toujours bons, certainement intéressant.
Je ne sais pas quoi vous dire… Alors que le tonnerre se manifeste à l’instant, je me rends compte qu’une seule semaine suffit à perdre le rythme de l’écriture.
Sucre est tellement vide le dimanche. Aujourd’hui elle l’est encore plus. L’intensité nous souffle toujours un peu vers le bord du précipice. On se moque du vertige, on rit à la face du vent, on est jeune et ivre de nous-mêmes, puis, comme des Créditistes on trébuche, dans le discours ou sur une pierre, et l’on retrouve dans la douleur oubliée, la solitude du vide. Sans repousser le bonheur qui m’habite et me définit, je me sens très seul aujourd’hui.
Mais ça me passera, les nouvelles et idées fuseront à nouveau, alors que je débute, avec tout le sérieux dramatique que cela implique, cette étape charnière de ma vie. Sans blagues, les prochaines semaines seront déterminantes quant à mon avenir, quant à ce que je désire faire du reste de ma vie, ou à tout le moins des années à venir. En théorie je devrais angoisser… Je crois que je vais sourire à la place.
Je vous embrasse et vous redonne des nouvelles bientôt.
P.S. Je dois des courriels à plusieurs d’entre vous, je le garde en mémoire, soyez patients.
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2 comments:
Je suis gai, je suis gai, je suis follement gai, sans être pourtant ivre.
Mon coeur serait-il enfin heureux de vivre.
Mon coeur se serait-il enfin guéri d'avoir aimé.
Nelligan (La romance du vin, de mémoire)
graboudjoui,
tu le sais qu'on a torché Boston hier, mais je tiens juste à le redire :) Parce que c'était très beau.
Moi je voulais 7-1, mais ils ont pas écouté !
6-1 c'était correct côté humiliation.
Et puis on sirotait de la Péché Mortel qui est maintenant en bouteille... c'est impressionnant.
Je pense à toi, il pleut et c'est moche.
fla
xx
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