Il y a la vie, la mort pis toute ; il y a l’idée d’une idée, le projet d’un projet ; il y a mes documents qui n’arrivent pas, la fatigue d’un seul café ; il y a toi, moi, l’envie d’un nous ; il y a Sucre et Montréal, puis un monde entre les deux, autour d’eux ; il y a l’histoire, il y a mille histoires…
Ma tête marteau dicte un rythme menuisier de fatigue lundiesque. L’insomnie de mes dimanches résonne, en écho des après-midis à dormir, sur mon travail matutinal. Occupez-moi ou la gravité ensommeillée me fracassera le crâne sur le pupitre. Aujourd’hui la lenteur des archivistes est un reflet vaudevillesque de mon activité cérébrale. Je guette Morphée du coin de mon œil ensablé et dans l’absence de travail à portée de main, je vous écris pour ne pas sombrer.
Mon degré de discipline et d’assiduité au travail m’étonne moi-même. Bien que je me sois enfilé deux matchs de ligue des champions la semaine dernière, je garde le cap sur mon cinq heures d’archives quotidiennes. Je n’ai cependant pas l’impression d’approcher la satisfaction de ces onanismes sylvestres récoltés. Ne vous méprenez pas, les recherches avancent et elles avancent bien. J’ai cependant cette idée – et surtout ce désir – d’en trouver davantage, cette pensée que je devrais en trouver davantage. J’ai cette structure narrative en tête, la forme de mon mémoire qui s’esquisse déjà, mais il me faudrait les sources – je sais qu’elles existent – pour remplir les cases laissée vides… Ça viendra.
Il me reste environ un mois de recherche. J’ai hâte qu’il passe. Pas que ça m’emmerde, mais je rencontre p’tite sœur à Buenos Aires à la mi-décembre, et ça m’emballe un peu. Vous, ma gang de globe-trotters avisés, n’hésitez pas à m’envoyer vos suggestions touristiques. On est fourré parce que nous serons dans l’entre saison, ce qui se traduit par un décevant pas de foot, mais je suppose qu’il y a autre chose que ça, boire du vin et manger du steak en Argentine. Non ?
Sucre se présente soudainement éphémère. Plus que cette semaine, peut-être une autre, puis je m’en retourne à La Paz. Même genre de documents, archives différentes. Je ne sais pas si ça me plaît. Je suis bien où je me trouve en ce moment, mais en même temps je sens que je m’encrasse de quotidienneries. Un peu de dépaysement avant le départ de cette terre du milieu américaine pourrait me faire un certain bien. On verra ce que ça donne, de toute façon je n’ai pas le choix. Certaines personnes pourraient voir dans ces décisions imposées d’elles-mêmes un certain soulagement, une simplicité d’action. Peut-être…
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1 comment:
Je ne pense pas que j'arriverai à te convaincre de faire un saut à Uyuni avant de partir sur La Paz, mais tout de même, c'est un essai. "C'est beau, c'est long, c'est délicieux." même si ce n'est pas mourrir de froid...
En plus il y a un resto excellent: Minuten ou quelque chose comme ça, dans l'hotel Toñito. Il servent des pâtes au pesto encore meilleures que celles auxquelles je rêvais, et leur pizza est légendaire.
Ah oui, et l'Argentine c'est fantastique!
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