Tuesday, December 18, 2007

Pataphysique

La lune avait le rôle d’une croix, le point à atteindre sur une ligne d’horizon invisible. De sa nuit vêtue, mon champ de vision ne pouvait distinguer que cette marque jaunâtre au loin, à demi aveugle, plongée dans le contraste des lignes qui défilent, des buissons qui s’égare dans le louchement des phares, et de ce néant qui partout l’étreint : Patagonie.

À mes côtés, ma sœur, paupières éteintes, qui lutte pour son droit au sommeil. Une merde qui s’achève, Denzel Washington qui s’en va vers la mort, le droit au repos pour un bus qui se défile. Et partout autour, depuis l’océan qui se cache dans la plaine, la déclinaison des bruns et des verts, géographie de steaks à venir, le plat, calme plat drapé de noir : pataphysique.

Nous sommes arrivé aujourd’hui – ou était-ce hier – à Puerto Madryn. Oui, je suis devenu un nous depuis maintenant quelques jours. Pas de ces nous qui sont nos quêtes de par les âges et les gènes, mais de ce nous filial, qui rompt les droits aux choix, force l’inconscient à l’amour. Ma sœur et moi nous sommes retrouvés à BsAs mercredi passé pour ce qui allait constituer une vingtaine de jours de retrouvaille, plus de temps ensemble qu’au cours de la dernière année entière. Beau moment. Beau décor.

Après quelques jours dans la capitale (que nous retrouverons d’ailleurs aux alentours de noël), nous avons quitté pour le Sud. Pour 20 $ dans le Sud ne nous aura point abandonné sous un fleuve, au milieu d’un tunnel, mais plutôt à Mar del Plata, touristique plage mafaldienne où nous fîmes escale pour que les vacances de mi hermanita puissent véritablement en porter le nom. Froide, la mer argentée. Froide et venteuse, mais souriante, en reflet de nous dans le charisme de son soleil. Après une petite journée à titiller le cancer de la peau et à mater les gonzesses, nous nous plongeâmes dans l’obscurité d’un voyage nocturne vers l’amorce de cette terre fantasmatique qu’est la Patagonie. L’amour des bêtes de ma sœur devrait nous mener d’excursions en excursions, puis, fautes de temps, dans l’hédonisme de nos vies, nous ne pourrons nous enfoncer dans les terres jusqu’aux froideurs du continent. Nous bifurquerons plutôt vers l’Occident, question de goûter de la montagne… Nous verrons bien.

En vrac :

Che ne chais pas che que ch’est exchactement, mais ch’ai de la michère en ochtie avec l’achent archentin…

Je crois avoir manger plus de viande rouge depuis mon arriver en Argentine qu’au cours de ma vie adulte en entière. Mon taux de fer doit être si élevé que j’ai peur de faire sonner le détecteur lors de mon prochain passage à l’aéroport.

J’ai essayé de faire changer la date de mon retour pour revenir plus taux. Mes finances s’apprêtent à souffrir, mais j’ai surtout une astronomique somme de travail à faire dès mon retour. Mais je n’ai pas réussi, pas de places disponibles… et vous me manquez… tu me manques.

Aux cocos du Manoir, j’ai envoyé depuis BsAs trois paquets contenant des photocopies et des livres. C’est deux mois et demi de travail. C’est tout mon mémoire (moins la partie que j’ai à écrire). Pas que ça me stress vraiment, mais si l’un d’entre vous pouvait m’écrire pour me dire qu’ils sont arrivés, quand ils seront arrivés, ça me ferait plaisir.

Au cas où j’oubli pour une nième fois de le faire de manière plus individuelle, bonne fête François, Amélie, Caro et Steven, malgré la formalité, ne vieillissez pas trop. Je vous aime.

Abrazos

1 comment:

Каролин - Caroline said...

Gracias compadre!
En la calle Masson tambien se te echa de menos.