Wednesday, October 31, 2007
Projection dans le flou elliptique du temps – deuxième partie
Je m’emballe dans le désagrégement de mes certitudes. Vêtu de flou je me pavane dans les séquelles projectives des échecs à venir, je me dénude dans les possibles en attente. Mes immédiats sont des passés et futurs alors que je me tatoue le désir d’antécédentes absences, que je me marque au fer rouge de passions contenues.
- D’you wanna grab a few beers tonigt ?
- ...
Réveille matin de milieu d’après-midi, Matt manifesta sa présence d’une tape dénuée de violence sur l’épaule. Voyant le regard plis de drap que Guillaume lui offrait, il eu des yeux clignant la miséricorde. Se ressaisissant, le cadet des deux secoua légèrement la tête dans l’idée de remettre la figure de son existence en place – un peu comme quand l’on frappe le dessus du moniteur pour stabiliser l’image –, se replaça d’un coup sur sa chaise espérant de ce fait contrer l’action conjointe que la gravité et la friction avaient eu sur son confort vestimentaire,
- …?
- Yah, why not.
- Well call me around eight, and we’ll figure this out. Still in for those tacos ?
- For sure. I’ll call you ‘roud eight.
Cela faisait deux soirs que l’activité était reportée.
Une semaine avant, la route liant Cochabamba à Sucre remémorait à la population locale sa réputation. Un large et profond fossé, un bus, une nuit. Comme dans une démonstration d’orgueil sur la mort, la vie sortit debout du trou dans lequel on l’avait plongée, léchant ses plaies dans un sourire remerciant l’idée d’être toujours là : 30 blessés, zéro mort. Maya faisait partie de ce zéro. Du 30 aussi. Elle avait vu son congé de l’hôpital reporté, fixant du même coup les activités de soirées de Matt pour quelques jours de plus.
Mais ce soir, c’était la famille à l’hôpital…
(à suivre...)
Projection dans le flou elliptique du temps – première partie
La chaleur avait finalement fini par se faire importante. Dans un concentrée de rayons, Sucre s’était transformée en un après-midi suant.
Les feuilles semblaient plus lourdes qu’à l’habitude. Incrustés à même les pores grossiers de ce vieux et vieilli papier, en une multitude d’amalgames aux couleurs et contours divers, mycoses et spores, frais ou âgés, se déployaient dans le flottement d’un un âcre parfum. Ou était-ce ses pieds ? Difficilement dissimulable dans le confort d’une sandale mature, la macération de ces orteils à l’apparente décomposition se défilait en un concentré olfactif. Rougeur sur les joues du héros.
Si chaud il fit se jour là que jusqu’au ciel, le soir venu, se mît à suer. À grosse gouttes. Passe et va entre lacs et ciel, alter ego des cieux : voleur de jour, mécène de nuit. Et ces gamins dans les flaques d’eau, et ce trottoir fraîchement refait qui se défile comme une cascade de dalles, et ces éclaires partout au loin (partout), et le tonnerre.
L’étude devenait obsessive, obsédante. Données et concepts s’entrechoquaient au rythme des minutes défilantes. Archives, bibliothèques, marchés, restaurants. Rues, chambre, parcs, sommeil. L’intimité n’existait plus pour Guillaume. Enfin, la seule intimité à persister, et à le faire avec acharnement, était celle le liant à son sujet. Son foutu sujet. Dans le condenser d’apprentissage auquel il se livrait, auquel on le menait, bâillonné, chaînes aux pieds, il faisait quotidiennement constat et bilan de ses erreurs successives – mais c’était beaucoup ça l’apprentissage : l’auto-prise en charge, la capacité de déceler soi-même ses propres erreurs.
Dans l’idée que jusqu’à aujourd’hui il se faisait de son sujet, jamais en avait-il encore perçu l’impossibilité pratique. Les difficultés, oh oui, il les voyaient venir. La lecture à rebrousse poil, il en connaissait les moindres recoins de téguments. Maillot bien ajusté, casque de bain en place il était prêt pour cette nage à contre-courant de la source. Du moins il le supposait. Y avait-il en fait même réfléchi ? Il comprenait soudainement un peu mieux ce que signifiait faire l’histoire…
Les murs semblaient avoir jadis présenté une certaine teinte pastelle, pouliche écrasée, mais la lente décomposition de la peinture jumelée à ce temps qui pour les bâtiments semble se décliné non pas en minutes, jours ou années, mais plutôt en millimètres de saleté, en degré d’obscurité crasseuse, éradiquaient toute conscience de ce passé lumineux. Ces tons usés éclairés de ces quelques néons mal blanchis avaient pour effet de conférer à la pièce une apparence de salle d’interrogatoire communiste (telles que nos imaginaires nous les rappellent), de chambre froide usée, comme si la pièce elle-même était claustrophobe. Les archives de l’archevêché de Chuquisaca souffraient de dédoublement de personnalité, sortes de Gremlins architecturaux dont l’intérieur eu fait l’erreur de manger après minuit. Ces en ces lieux que Guillaume s’usait aujourd’hui les yeux.
La calligraphie épiscopale pêchait par excès de fioritures, alors que les formulations s’étranglaient de politesses, s’entrecroisant l’une l’autre dans un mal de tête téléologique. À feuilleter les correspondances paroissiales d’une année vers l’autre, le candidat au titre de maître ès arts percevait la miniwheat réalité de ces documents. Autant possédaient-ils cette richesse informative, autant ne permettraient-ils pas de répondre à ses hypothèses. C’est que par leur formulation, et c’est ce dont le chercheur s’apercevait, elles ne pouvaient qu’être validées, elles ne pouvaient être infirmées. Or, Guillaume sentait que, sources existantes ou non, son hypothèse se devaient d’être invalidée… elle ne pouvait cependant l’être scientifiquement.
(à suivre…)
Thursday, October 25, 2007
Coïncidences et bienfaits d’un para cívico désormais classique
Je me rends au JRC (Joy Ride Cafe pour les intimes) en milieu d’après-midi. Tiens Tottenham joue Getafe. Coupe de l’UEFA… Non, je suis un homme sérieux. Je suis ici pour lire. M’asseyant, j’aperçois une rousse chevelure familière (masculine, pas de danger). Mutuellement entrevus dans les archives, en cordiaux jeunes étudiants que nous sommes, nous nous saluons poliment. Peu de temps suffit à ce que nous entamions une discussion. Matt, originaire du Wisconsin où il a fait ses undergraduate studies, est étudiant au PhD à la University of Texas in Austin. Sympathique jeune homme (je vous le dis, c’est un priori pour être américano-latiniste), il me confirme ce que j’avais cru comprendre, la majorité du personnel des archives est incompétent et le système est fuck all (ce ne sont pas ses paroles exactes, Matt est un jeune homme éduqué, mais je résume). Après avoir quelque peu disserté sur mon pas de sujet, il se propose de me guider demain, me montrer le fonctionnement des fichiers, etc. De plus, il me refile le courriel de Luis Oporto, historien bolivien au savoir étendu et à la connaissance archivistique encyclopédique. Monsieur Oporto travaille en ce moment à une histoire sociale de la guerre du pacifique (je vous passe les détails, mais c’est pile poile pour moi) et, selon les dire de Matt, est toujours enclin à aider les jeunes étudiants plus ou moins égarés.
― Ais-je déjà dit que la vie me souriait ? Pas besoin d’aller vers les ressources, elles viennent à moi ―
Ajoutez à cela ma lecture, fort intéressante et constructive soit dit en passant, et je peux aisément considérer cette journée comme ma plus productive à ce jour. Je souris en ce moment… Et je peux me permettre de zyeuter la rediffusion d’un Lyon-Stuttgart endiablé.
La vie est parfois loin, mais la vie est belle. Boule d’amour à vous tous mes petits.
P.S. Ah oui, j’ai obtenu la bourse de mobilité pour mes recherches au Pérou supervisés par l’Institut péruvien d’études andines de Lima. Quoi ? La Bolivie était connue sous le nom de Haut-Pérou pour environ un quart du XIXe siècle ! Ais-je dit que la vie me souriait ? Pas besoin d’aller vers les ressources…
Wednesday, October 24, 2007
Blog sur demande, un nouveau chapitre
SON TANTAS NOCHES
Si estas pensando que no sufrí
que ha sido fácil vivir sin ti
no te equivoques quisé morir
no te equivoques sentí morir
Cuanto te amaba no sé decir
fuiste mi aire para vivir
y sin embargo te fuiste tú
y sin embargo te fuiste tú
Son tantas noches que no dormí
tantas estrellas que ví morir
porque te fuiste lejos de mi
son tantas noches que no dormí
Cuanto te amaba no sé decir
fuiste mi aire para vivir
y sin embargo te fuiste tú
y sin embargo te fuiste tú
Son tantas noches que no dormí
tantas estrellas que ví morir
porque te fuiste lejos de mi
son tantas noches que no dormí
C’est bon, non ? Comme dirait Alexis, c’est beau, ça rime. Il y a une autre chanson que j’entends partout, mais dont je ne me suis pas encore procurées les paroles, je pense que le titre est Mariposa, ça parle de fille et de papillon, pis la musique est fantastique. Si je la trouve, je partage ça avec vous c’est certain.
Ciao
Tuesday, October 23, 2007
Déluge
J’ai commencé hier mes recherches. Dose de stress conjoncturel à l’approche des lieux. Ne sachant ce qu’allait être mon travail précis, celui-ci ne me perturbait pas, c’était davantage l’aspect formel, institutionnel de la démarche qui occasionnait chez moi un léger accroissement de ma sudation et de mon rythme cardiaque. L’idée d’une entrevue en espagnol avec la directrice des archives n’était pas à classer du côté des moments de bonheur anticipés. Tachycarde dans ma déambulation de ce Babel colonial – l’édifice à même lequel se trouvent les archives et la bibliothèque nationales est probablement le plus beau de Sucre, bâtisse coloniale rénové de manière moderne, mais avec un souci de préservation historique – je bénéficiai des hasards habituels qui ponctuent ma vie comme un champ d’éoliennes au milieu de la Gaspésie : la directrice n’était pas là hier. Je rencontre donc une sympathique technicienne, dont la simple régression hiérarchique suffit à me détendre. Je m’exprime somme toute clairement, je comprends tout ce qu’elle me dit, elle m’aide à me lancer et je décolle. Fouille d’indexes d’abord. Gauche, droite, j’en ai déjà le torticolis, ils sont où mes Indiens rebelles ? J’en trouve dans la cour supérieure de justice, mais c’est peu… Je m’attaque bientôt au ministère de l’intérieur, et pourquoi pas celui des haciendas… Mais il y a tant d’années, tant de sujet, tant de documents écrits à la main par des semi analphabètes. Pousse en moi l’historianisme à grand coup de paperasse. Je me fatigue, je m’excite, je crains le déplacement vers La Paz, et j’ai hâte de me replonger, de coton ganter, dans se mélange de papier et de mycoses.
Je pense au doc, tranquillement. Je magasine petit à petit, je regarde aussi l’irréaliste. Pour le plaisir. Pour tout c’est doctorants, Yale paye les tuitions fees pour la durée du doc (environ 35 000 $US par année) et offre une bourse (pas sous la forme d’assistantship ou de cossins du genre, une bourse) annuelle minimale de 20 000 $US, également pour la durée des études. Bon, ils acceptent moins de 10 % des étudiants sur les milliers de demandes reçues, mais quand même…
La pluie a cessée, il faut que je me rende à la banque pour réclamer l’argent que le guichet automatique a débité de mon compte sans me le donner pour autant. Il faut ensuite que je me rende au bureau de l’immigration pour récupérer mon passeport nouvellement visaté. Ensuite, retour aux archives…
Je vous embrasse.
Sunday, October 21, 2007
Je suis gai, si gai, dans mon rire sonore, Oh si gai que j'ai peur d'éclater en sanglots !
Dostoïevski me possède, Braudel me rappel les croûtes que j’ai encore à mangées (dans la longue durée je crois), en étudiant, j’entends au loin les encouragements chauvins de Lorca et de Fuentes. Malgré la masse temporelle ridicule que je passe à accroître mes différents travellers IQ (aujourd’hui : 135), je demeure actif intellectuellement, littérairement à tout le moins. Pas mal de films aussi. Presque toujours latinos. Mexique, El Salvador, Bolivie, pas toujours bons, certainement intéressant.
Je ne sais pas quoi vous dire… Alors que le tonnerre se manifeste à l’instant, je me rends compte qu’une seule semaine suffit à perdre le rythme de l’écriture.
Sucre est tellement vide le dimanche. Aujourd’hui elle l’est encore plus. L’intensité nous souffle toujours un peu vers le bord du précipice. On se moque du vertige, on rit à la face du vent, on est jeune et ivre de nous-mêmes, puis, comme des Créditistes on trébuche, dans le discours ou sur une pierre, et l’on retrouve dans la douleur oubliée, la solitude du vide. Sans repousser le bonheur qui m’habite et me définit, je me sens très seul aujourd’hui.
Mais ça me passera, les nouvelles et idées fuseront à nouveau, alors que je débute, avec tout le sérieux dramatique que cela implique, cette étape charnière de ma vie. Sans blagues, les prochaines semaines seront déterminantes quant à mon avenir, quant à ce que je désire faire du reste de ma vie, ou à tout le moins des années à venir. En théorie je devrais angoisser… Je crois que je vais sourire à la place.
Je vous embrasse et vous redonne des nouvelles bientôt.
P.S. Je dois des courriels à plusieurs d’entre vous, je le garde en mémoire, soyez patients.
Sunday, October 14, 2007
Booker Prize
This brightness that throw apart my eyelids in an attempt to vanquish my fear of its glance, with the incandescant splendour of a sparkle that propulses me in the shadow of agony where my soul has been sentenced to blow. And as I wish to perish between the lips that consumes my longing, I only flirt with the tenderness of suffocation, breathless, in this impossibilty of recovering the innocence that has gone with its butterfly smile. And while I drown in those murky lands of timidity, the sunshiness of yourself dries my water filled lungs, arousing the amazement of an untranslatable poetry.
Ben non, je blague. Ce blog sera espagnol avant d’être anglais, probablement même farci ou zoulou, avant de voir la langue de Byron et compagnie venir envahir ses pages. Pas d’inquiétudes.
J’ai des amis. Finalement. Mon foie reprend ses aises et je m’ennuis de la bouffe de Flash. J’ai le goût d’écrire et de vous parlez du vie dans Bolivie, mais l’inspiration ne viens pas. Je vous redonne donc des nouvelles bientôt, là, je vais aller étudier...
Friday, October 12, 2007
La nuit sera calme
J’ai fait une sauce à spaghetti ce soir. Ça goûtait la maison, le cari en moins, le locoto en plus. Je l’ai joué solitaire depuis mon arrivée ici. Solitaire comme dans une bulle qui me suis partout, me protège (de quoi exactement ? ça n’a pas d’importance), une solitude d’ethnologue, ceux d’avant, ceux d’autres siècles, les premiers, convaincus de pouvoir objectiver le monde sans y prendre part. La science, comme elle n’exista jamais. C’était mon petit train, mon petit rythme, mon bonheur de vivre centré sur ma quotidienneté avec le luxe de la maîtriser qu’importe l’environnement, avec l’exotisme d’un décor qui change bien plus que le regard, aussi étanche soit la bulle. Aussi bien pouvais-je être dans cette coqueronnitude, autant la part sociale de mon être ne pouvait être résorbée encore bien longtemps. Une seule bière en trois semaines, c’est peut-être exagéré… Mais parce que je suis moi, et qu’il semble que tout me sourit (enfin… on en reparlera), alors que mon choix solitaire commence à devenir une solitude imposée, on me tape sur l’épaule. Littéralement. Anna, la part féminine du couple d’Allemands qui louent l’appart à l’étage en dessous et avec qui je partage la cuisine (cuisine non utilisée jusque là : fatigue, paresse, goût du resto, timidité…), me croise au truc internet d’à côté (je dirais bien café internet, mais ils ne servent pas de café) et m’invite à une petite fiesta (c’est son anniversaire) chez eux le lendemain. J’accepte, bien entendu. Je me retrouve au milieu d’une soirée d’expats (non, non, je ne parle pas des retrouvailles des anciens joueurs des Patriots de la Nouvelle-Angleterre), des gens qui sont ici pour le plaisir, pour prendre des cours, pour faire du bénévolat, des gens qui parlent, qui me parlent, des gens qui boivent, qui chantent, qui rient, des gens qui me font un bien fou. Pas d’amitiés éternelles qui surgissent, pas de rendez-vous au lendemain, pas de promesses. Sucre c’est petit, on se recroisera. Je me lie quand même à Bolo, l’autre moitié du couple. C’est fou ce qu’une passion pour l’escalade, un goût du post-rock et une bouteille de Singhani peuvent tisser comme liens. Eux partent dimanche pour le Chili, si tout ne se met pas à aller de travers, on devrait être en Argentine en même temps. On a échangé nos courriels, on verra, d’ici là, on devrait sortir demain…
J’ai changé de prof d’espagnol (on change à chaque semaine). À Cecilia succède Orlando (je m’en suis finalement souvenu). 35 ans, deux enfants, étudiant en économie. Seul avec les enfants depuis deux moi (sa femme est en Europe en ce moment, il s’ennui), charmeur, agnostique (il lit en ce moment le tao), passionné. À la mi-chemin de l’illégalité dans son propre pays, il rêve de l’Europe, de l’Espagne. Un rêve ultra pragmatique, il a son plan. Pour lui, pour ses enfants, la Bolivie il l’a dans le sang, mais la septicémie est si proche…
Les cours son géniaux avec Orlando. Alors que je pensais arrêter après cette semaine pour me lancer dans les archives, j’ai décidé de prendre une semaine de cours de plus. Parce que le conditionnel et le subjonctif, je me dois de les apprendre, mais surtout parce que j’ai beaucoup trop de plaisir avec Orlando (je me suis arrangé pour l’avoir comme prof la semaine prochaine). Un peu de grammaire, un de syntaxe, beaucoup de discussion, par conséquent, beaucoup de nouveaux mots (tranquillement pas vite sa vient). On parle politique, on parle histoire, on s’en apprend tous les deux, on échange. Les blagues fusent, on se comprend. La vie est belle.
Quand je suis à l’étranger, je n’aime généralement pas les touristes. Je suis même un petit peu injustement méprisant (je le suis aussi, moi, touriste). Je n’aime pas en fait ceux qui au lieu du CH, ont le Lonely Planet tatoué sur le cœur. Ceux qui voient ce qui doit être vu, dorment où c’est conseillé, mangent là où recommandé. Il s’avère malheureusement que le café-resto-bar le plus cool à Sucre, soit un truc de gringos. J’y vais quand même souvent. Le café est bon, il brasse leur propre bière (par principe, je les respecte (une ale de type belge, légèrement ambrée, beaucoup de corps, finement épicée (est-ce du clou de girofle que je goûte ?) finale maltée), agréable mais sans plus. Chef-d’œuvre dans le contexte bolivien), il passe des films à chaque soir (beaucoup de film latino-américains, fictions et documentaires), bref, faut se faire à la faune, mais la flore compense amplement.
Il y a un truc, cependant, typiquement touriste que j’affectionne particulièrement, et c’est de me retrouver dans un bar de gringos entouré de gringos pour suivre un match de n’importe quoi. Quart de final du mondial de rugby : Allblacks contre les Bleus. Le bar est plein, moitié Kiwis, moitié Français. L’ambiance est folle, tout le monde s’amourache de haine, la bière coule à flot, la tension est palpable. Les Français qui jouent comme des merdes volent le match sur deux erreurs d’arbitrage, sifflet final, les favoris regrettent l’époque de Tanga Umanga et rentrent chez eux bredouille. La télé se ferme. Tout le monde s’amourache de haine, la bière coule à flot, il n’y a plus de tension, et moi je quitte, sourire aux lèvres.
Là il faudrait que je vous parle de cinoche (parlant cinoche, profitez-en avant que le FNC se termine), j’ai vu trois documentaires au cours des derniers jours qui dépassent en termes d’éléments perturbants la majorité des films troublants que j’ai vu au cours de ma vie. Je devrais vous en parler, j’ai tant à dire, mais je fatigue. Dehors est lent, comme engourdi. Un couple marche sur la rue, les voitures se font rares. Au vent se mêlent les sifflements répétés des gardiens patrouillant qui manifestent leur présence. Au loin, la lumineuse croix trône au sommet du Cerro Sica-Sica et nous rappelle, comme à chaque nuit, des siècles de domination. En ce moment Sucre s’endort, et moi, je m’en vais la rejoindre.
P.S. Pourquoi suis-je toujours incroyablement plus souverainiste quand je suis en Voyage ? Vive la Catalogne ! Força al canut !
Sunday, October 7, 2007
Blog sur demande
Lecteur assidu, membre de la grande famille qui laisse des commentaires dans la section appropriée, Michel fût le premier (je crois) à formuler une demande spécial liée aux sujets abordés. Des nouvelles sur la situation politique, il voulait. Et bien Michel, cette chronique est pour toi.
Porté par cette idée de saisir le pouls politique et social du pays des cholas, je me suis lancé dans une lecture frénétique (au sens de des fois de temps en temps) des divers journaux du pays. El Diario, La Prensa (La Paz), El Correo del Sur (Sucre), El Mundo (Santa Cruz), tant de périodiques (en fait ce sont tous, à l’exception de El Diario des tabloïdes) pour tant de nouvelles (éditorialisées me permets-je d’ajouter). Je compte en fait sonder d’autres journaux également de manière à mieux cerner la ligne éditoriale et politique des divers groupes de presses du pays (je ne voudrais pas me ramasser à lire un journal réactionnaire de droite, pro-adéquiste, comme Le Devoir, par exemple). Ainsi, tout sauf exhaustive, je me permets une petite revue de presse cernant les éléments qui m’ont marqué dans les publications de samedi derniers.
La Prensa, que j’avais cru pouvoir placer davantage à gauche sur le spectre idéologique, publie dans sa setion La opinión de los internationalistas, prenant soin d’indiquer, et peut-être sera-ce ma rédemption, « Las opiniones vertidas en esta página no comprometen la línea editorial de La Prensa », un texte écrit par José Brechner. Brechner fût parlementaire pour l'ADN dans les années 80 et ambassadeur du pays en 1985. On se rappelle que l’ADN (rien avoir avec ce cher acide désoxyribonucléique), l’acción democrática nationalista (toujours se méfier des partis qui tiennent à justifier leurs tendances démocratiques à même leur nom… Pensons à des pays comme la RDA ou la RDC ) est un parti de droite fondé en 1979 par le dictateur Hugo Banzer et que les années 1980 marquent les beurres d’in croches (le virage) néolibérals qui asphyxie encore aujourd’hui économiquement le pays.
Voici ce que monsieur Brechner avait à dire :
(Pour des questions de temps d’écriture, je ne poserai pas les accents sur les lettres)
Samedi, 6 octobre
Morales, el presidente prefabricado
El presidente boliviano Evo Morales Viajo a Nueva York para paricipar en la Asamblea General de las Naciones Unidas, pero antes hizo escala por varias horas en Venezuela para ser aseorado por sus mentores [ça y est, le ton est lancé]. La ultima vez que estuvo en el hemiciclo extrajo una hoja de coca y dijo que no podia ser que la coca sea legal para elaborar Coca-Cola e ilegal para cualquier otra cosa. Sin duda tiene razon. La pregunta que sigue es ¿que otra cosa se elabora con la coca sino cocaina ?Si alguien propusiera la fabricacion de calquier producto que sea rentable y de consumo masivo, sacando el alcaloide de la hoja como hacer la Coca-Cola, seria de interes para todas
[…]
En esta segunda visita en EEUU, Morales se reunio nuevamente con su protector norteamericano, Jimmy Carter, quien invito tambien a Bill Clinton para unirse a las conversaciones. ¿Cuales fueron los consejos de Carter para su colega agricultor ?Son un misterio, pero seguro se ofrecio para supervisar las proximas elecciones, como hizo con Chavez. Ademas debe haberle dado su apoyo para acceder al Nobel de la paz [Depuis quand Carter est du côté des méchants ? Prenez des notes les enfants, car sortira bientôt dans la collection Un bel exemple de…, après Hitler, un bel exemple d’antisémitisme, José Bechner, un bel exemple de rhétorique démagogique].
Refiriendose al cambio climatico, Morales expreso : ‘‘abandonen el lujo, abandonen el exceso del consumo : no solo piensen en el dinero, piensen en la vida, en el futuro de la humanidad’’. Emotivas palabras que debererian ser consecuentes con su comportamiento. El campesiono burgues gasta decenas de miliones de dolares menteniendo un estilo de vida que solo los socialistas y los potentados puenden darse [?!??!?].
En una carta dirigida a los miembros de la ONU, Morales recalco que ‘‘ el mundo tiene fiebre por el cambio climatico y la enfermedad se llama modelo de desarrollo capitalista’’. Seguramente con el modelo indigenista, que no desarrollo nada en la istoria moderna, el mundo estara meyor [En tout cas…].
El presidente fue invitado por The Cooper Union, un pequeño pero pero presigioso instituto de enseñanza de artes y ciencas, para hacer una exposicion donde escupio sus mentiras. Dijo que su motivacion para dedicarse a la politica vino despues de ser testigo de la quema de campesinos por el Gobierno. Es curioso que jamas ningun otro individuo aya presenciado esos hechos. Los unicos quemados vivos, que fueron filmados y televisiados, fueron victimas de indigenas llevando a la preactica de ‘‘justicia comunitaria’’ de la que Morales es el promotor.
[…]
La culminacion de su itinerario fue el discurso en la Asamblea, donde manifesto que en Bolivia ya no hay la misma corrupcion que antes. Sera porque no contabilizaron el dinero que llega desde Venezuela – el pais mas corrupto de Sudamerica – y del que Evo Morales es el principal benificiaro. De acuerdo con Transparencia international, Bolivia figura en el puesto 105 entre 179 naciones. Venezuela se ubica en el 162.
El presidente se quejo de que los aduaneros y oficiales de seguridad revisaran a su delegacion y su equipaje. ¿Que esperaba ? La utlima vez que ingreso en Estados Unidos llevo coca, su Canciller podria estar introduciendo antrax. Lo unico rescatable de su disertacion fue su sugerencia de que la ONU se mude a otros pais. En realidad deberia disolverse por completo y podrian fomarse dos organizaciones internacionales : una que defienda la democracia y la libertad, con sede en Nueva York, y otra que aglutine a la dictaduras y teocracias, que puede establecerse en Teheran.
Por cierto momento Evo Morales se salio del gion y lanco una idea, dijo : ‘‘Hay que hablar la verdad con sinceridad’’. Los filosoficos del mundo sigen meditando sobre aquel singular axiomas.
C’est peut-être parce que j’ai lu rapidement, mais ce que je retiens, c’est que la Bolivie fait partie d’un nouvel axe du mal aux côtés du Venezuela et de l’Iran, que Evo Morales est un menteur, un baron de la drogue et un terroriste (sans tenir compte du fait qu’il vit une vie bourgeoise opulente comme seuls les socialistes peuvent le faire), et qu’il s’oppose à la démocratie et à la liberté.
Comme tout le monde, j’ai un biais vis-à-vis de la situation bolivienne et des idées et positions de Morales. Si je suis favorable en bonne partie à la présidence du MAS et à de nombreuses mesures économiques et sociales qui sont prises en Bolivie, je ne suis pas complètement vendu pour autant. Cet accord non entier est principalement issu d’un manque d’informations factuelles concrètes qui semble être particulièrement difficile à détacher des rhétoriques ultra idéologisées (de part et d’autre). Mais une chose est certaine, c’est que lorsque je lis des articles comme celui-là et que je constate la tribune qui leurs est offertes, j’enrage et je fini toujours par avoir un léger mal de cœur.
Réflexion : j’assistais au printemps passé au colloque organisé par le CERIUM intitulé, je pense : Les Amériques : nouvelles gauches, nouvelles démocraties. Et il me semble drôle (au sens de pas drôle) de constater comment là-bas, comme dans de nombreux articles de journaux ou de revues, lorsqu’on cherche à discréditer un pays ou son gouvernement on fait immédiatement le rapprochement avec le Venezuela (qui, lui, est considéré comme une dictature. On à beau ne pas aimer l’atroce niveau de populisme et l’attitude générale de Chavez, le Venezuela demeure encore aujourd’hui une démocratie selon le sens que l’on confère à ce mot)…
Je commence à fatiguer, mais je vous glisse quand même une brève missive sur la candidature de Evo Morales pour le prix Nobel de la paix. Vous noterez le haut niveau d’impartialité contenu dans l’article :
Correo del Sur, samedi, 6 octobre
[…]
La posibilidad de que Morales obtenga uno de los premios de mayor presigio en el ambito internacional genera opiniones favorables y en contra. Mientras sus opositores consideran que su postulacion es utilizada de forma politica, sus seguidores aseguran que reunelos requisito para aspira al Nobel.
Para el gerente de la Federacion de Empresarios Privados de Santa Cruz [Le plus gros et populeux département de la Bolivie, le plus riche également (hydrocarbures)], Julio Kempff, reulta un desproposito la postulacion de Morales porque ‘‘es un hombre que confronta y no une el pais’’.
El titular civico de Beni [Département de l’Est de la Bolivie, la jungle], Alberto Melgar, al ser consultado sobre el tema dijo que le parecia una incoherencia que se postule a esta distincion alguien que tiene tentas muertas durante su gestion. ‘‘El siembra odio entre el oriente y el occidente’’, segnalo. […]
Ah, oui, en plus d’être un menteur, un baron de la drogue et un terroriste, Morales est un meurtrier. J’oubliais…
Moi je trouve toujours pertinent de questionner un oligarque du pétrole quant aux événements relatifs à la vie d’un président ouvertement socialiste. C’est un peu comme utiliser comme référence pour commenter le programme de Québec Solidaire le président de l’institut économique de Montréal. Comme dirais les Zapartistes dans leur show contre l’empire : « je sais pas, mais y’a comme un pépin »
Bon, je l’admets, c’était plus anecdotique qu’autre chose, dans une prochaine chronique à saveur politique, j’aborderai davantage les thématiques brûlantes de l’actualité, comme l’assemblée constituante, la question de la capital qui déchire La Paz et Sucre de même que les procédures entourant la reprise par la justice du Enero negro, un vrai Z en devenir…
P.S. Puisqu’il semblerait que je me doive de rectifier les choses : JE NE SUIS PAS MALADE. JE SUIS EN PLEINE FORME. (ce point là est final)
Thursday, October 4, 2007
Bon, assez parlé de moi
8h30-12h30
14h30-18h30
Jetant un coup d’œil à son pas de montre, d’un mouvement calme vers l’arrière, il inclina la tête et plissant les yeux (qui se faisant attirèrent en une splendide grimace le reste du visage) de manière à saisir l’immensité des cieux, et en ceux-ci l’emplacement du soleil : 13h30 (plus ou moins). Ne se laissant point dépiter – une telle dose de motivation avait été grattée des fonds de tiroirs pour mener à bien cette action – notre héros, appelons le Guichi, décida d’user de ce délai et, faisant d’un marteau deux clous, pris la décision de profiter de la poussiéreuse lumière envahissant le sucrier pour s’adonner à une brève séance de pellicule brûlée, vestige de sels argentés.
Activité clichée (!) s’il en est une, la photographie conférait à Guichi cette rare possibilité du croisement entre science et art. Derrière l’objectivité froide de l’objectif – la photographie semble avoir cette capacité de fixer, figer en fait, l’âme d’une action, la retirant, elle, l’unique, d’une série d’autres actions s’emboîtant les unes dans les autres ; elle décortique le mouvement en permettant une analyse prolongée, une observation infinie – se cache les multiples expressions de la sensibilité de l’observateur comme celles de son objet : la chaleur du sujet. C’est ce contraste, ces tranchées charcutant le no man’s land de la photographie qui attirait Guichi, le poussant dans sa balade.
Disposant d’un tant somme toute élastique (le centre rouvrait certes ses portes vers 14h30, mais il ne les fermait qu’aux alentours de 18h30), Guichi jugea qu’il serait à propos de joindre l’agréable à l’agréable et ainsi de panoramiser cette ville qu’il tentait, jour après jour, de faire un peu plus sienne. C’est donc vers les haletantes hauteurs de la capitale historique qu’il se dirigea. Un pied devant l’autre, dans le palliatif paysagé à l’essoufflement d’un 5 contre 4 qui s’étire au-delà de la minute et demie, notre protagoniste entreprit son ascension. Mût par la certitude d’une cime atteignable, Guichi, telle une girouette, poursuivait sa montée, alternant la marche avant à celle de reculons de manière à répartir équitablement entre ses divers muscles la sécrétion industrielle d’acide lactique de son corps. Soudain, à ce moment du mouvement vertical où l’on croit pour quelques secondes à l’existence de la fin du monde, à cette géographie tranchée au couteau qui nous amène à quelques pas du vide, bref, à cette séquence finale de l’ascension où la verticale rejoint l’horizontale masquant toute suite possible à notre parcours, Guichi entendit le bonheur.
En ce sommet dépourvu d’obstacles, la délicate brise naviguait à sa guise entre les branches en fleurs des quelques arbres solitaires jonchant les extrêmes de la plaza, point culminant de la marche de notre héros. Dans le vide envoûtent de la place : quatre enfants, un ballon, et des rires que le vent porte doucement. D’un côté la beauté centrifuge du vide déconstruit de plaisirs candides, de l’autre, à travers le XVIIe siècle d’une série d’arches blanchies à la chaux, l’immensité d’une ville intemporelle : Villa de la Plata, Charcas, Chiquisaqua, Sucre, quelle que soit ton nom, je te vois enfin.
Émerveillé, Guichi eut pour premier réflexe de trouver un siège sur lequel se poser. Non pas qu’il fût décontenancé, mais les scènes se multipliaient devant ses yeux, un changement de lentilles à sa caméra s’avérait judicieux. C’est à ce moment de l’histoire qu’un personnage méconnu, négligé jusque là, fît sa première entrée : la Sigma 70-300. N’ayant que peu exploré lors d’une séance valdavidesque les vertus du zoom, le voyageur pris enfin conscience de la puissante utilité – et du plaisir qui l’accompagne – de ce 220 mm supplémentaire. Si légèrement insidieuse fut-elle, voire non éthique (qui sait), l’utilisation de cette lentille, Guichi s’en apercevait, permettait enfin un isolement du sujet sans isolement du milieu, une fixité de l’image sans perte de spontanéité. Le zoom ne permet pas simplement un agrandissement de l’objet, il permet l’effacement du photographe…
C’est ainsi qu’après quelques enivrantes heures – et un 36 poses – notre héros se remémora sa mission première, que dis-je sa quête : l’appropriation, même s’il elle doit passer par les bas fonds, de la lange de Cervantès, Lorca et Neruda. Et Guichi ne l’aura pas facile, puisqu’à la différence de certains, il n’a pas un peu de Borges en lui. Marchant en direction du centre, il se questionnait d’ailleurs sur le fonctionnement de sa propre mémoire. Comment se faisait qu’il soit apte à se remémorer les statistiques de Jaroslav Halak alors que celui-ci jouait dans la East Coast Hockey League et non les différents usages des verbes Ser et Estar ou encore, le classement final pour l’année 2005-2006 de la deuxième division de soccer anglaise et non la structure de l’imperfecto, comment se faisait-il qu’il en sache plus sur les circonstances entourant la mort du père de Carles Puyol, défenseur central et capitaine du FC Barcelone, que sur les nuances dans l’utilisation des différents temps du prétérito… Il songea à passer l’aspirateur dans sa mémoire, mais se remémorant les conséquences désastreuses qu’un tel geste avait eu sur l’ordinateur d’Alexis, il n’osa aller plus loin.
Perdu dans ses pensées le futur étudiant arriva au centre s’en trop s’en rendre compte [se trouve entre crochet ici, les différents détails administratifs liés à l’inscription qui ont été retirés au moment de la publication]. Un petit test de classement plus tard et voilà que notre historien chéri est enfin sur les rails du savoir, entamant ce qui devait être sa rédemption linguistique, son entrée dans le monde de la communication possible au-delà du présent, sa porte ouverte vers le merveilleux monde des archives, etc.
On me dit qu’aux dernières nouvelles notre héros en était aujourd’hui à son troisième cours, et que, selon certaines estimation, d’ici une semaine, si les choses progressent selon une courbe ne serait-ce que f(x) = x (il se permet de rêver au f(x) = x2), nous pourrions émettre le constat suivant, et je cite : « la vie est belle ».
Wednesday, October 3, 2007
Aujourd'hui
« Ce par où l’étreinte et la lecture se ressemblent le plus, c’est ceci : en elles s’ouvrent des espaces et des temps différents de l’espace et du temps mesurable. » J’ai fini Calvino tout à l’heure. Je suis presque triste de l’avoir terminer, ce livre a été un ami pour les trois jours au cours desquels je l’ai dévoré. On s’en reparlera un moment donné (ils sont si rares, ces moments offerts gratuitement, sans rien prendre en retour).
Ma porte claque en va et vient dans le peu de jeu que lui confère son manque d’étanchéité ; plus que son sifflement, c’est ça le son du vent que mon coqueron reproduit. Vous devriez voir ma chambre. Il n’y a qu’un endroit où je peux m’y tenir à la verticale, et c’est près de la porte. Mon lit est surplombé par le toit qui forme un angle à 45 degrés. Je ne crois pas avoir trouvé un endroit au monde plus propice, ou à tout le moins où je me sente aussi disposé, à la lecture et à l’écriture. L’on voudrait mettre en image l’intimité que ce serait une photographie de cette pièce que l’on produirait…
On me demandait l’autre fois si j’avais caressé un peu de caillou depuis mon arrivée, et bien non. Chiquisaqua (le département au sein duquel se trouve Sucre) semble plutôt être un vide odyssée en cette matière. Il faudra attendre l’Argentine. Pour pallier à la chose, j’ai trouvé une utilité au plafond de ma chambre. Sur le plafond à 45 degrés (les mêmes que plus haut), disposés à environ 1,15 mètres de distance se trouve des 2X4 qui servent à prime abord de poutres. Or, en les pinchant bien, ils constituent un superbe module d’entraînement pour l’escalade, les prises en pinch étant justement ma faiblesse. On verra ce que m’a discipline saura supporter.
Normalement, je devrais vous parler des cours d’espagnol que j’ai amorcés hier et qui changent drastiquement la configuration de mes journées (adieu oisiveté), mais je me sens fatigué. Je vous en reparlerai davantage prochainement.
J’allais oublier. Le Canadiens commence sa saison ce soir. Ce soir marque également le début officiel de notre pool (bonne chance à tous). Je n’ai donc qu’une chose à dire Kostitsyn-Grabovski-Kovalev ! je ne sais pas vous, mais moi, je trouve que ça sent la coupe…
Tuesday, October 2, 2007
Si par une nuit d’hiver un voyageur, en s’éloignant de Malbork, penché au bord de la falaise sans craindre le vertige ni le vent, regarde en bas dans
CLS commençant un peu à me saouler par son ethno-écologie du Brésil, je décidai de le laisser en jachères quelques jours histoire de me fictionner l’esprit un peu : Si par une nuit d’hiver un voyageur ! Oui, je l’avoue, je suis victime de bovarysme… J’ai commencé hier soir, incapable d’arrêter, 90 pages d’un coup. Pour l’instant je ne me laisse que porter, mais j’ai hâte d’y réfléchir un peu. Ça sent l’olipisme à plein nez, c’est riche, drôle, foisonnant. À lire.
En panne d’image, J’en cherche une, éloquente, vivante, mais non. Disons, d’abord, que je plains ces femmes qui de mois en mois récidivent leurs souffrances en des contractions du bas ventre… Une guimauve jetée au feu, voilà. Vous avez déjà effectué l’expérience. Ce court et spongieux cylindre à l’immaculée blancheur, une fois laissé à la merci des flammes, commence à prendre de l’expansion, alors même que son épiderme se caramélise doucement, puis passe au marron et rapidement au noir, carbonisé, se boursouflant au passage de pustules difformes. Une fois sa pleine dilatation atteinte, la guimauve ne s’arrête pas là, rebroussant chemin sans jamais cesser de s’obscurcir, se contractant, se distordant comme un épileptique possédé du diable, jusqu’à s’épuiser en un amas à peine existant de glucose vulcanisé. C’est un peu l’effet que me fait mon système digestif en allée retour espacés le long de mes jours et de mes nuits.
Mais en dehors de cela, la santé est superbe. Merci.
Monday, October 1, 2007
Des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres (deux fois)
Ainsi, deuxième appel à tous de ce blog (j’admets m’adresser plus spécifiquement à la frange médicale de mon lectorat), un truc-conseil-solution pour pallier à cette déshydratation on ne peut plus ciblée. Je bois déjà vraiment beaucoup d’eau, il n’y a que mes lèvres qui traînent de la babine, et ce depuis mon arrivée ?