À peine deux jours et demi m’auront suffit à atteindre La Paz depuis Iguazú. 34 heures de bus (avec trois compagnies différentes), une heures d’avion et un peu moins de six heures de sommeil plus tard, je suis maintenant dans la fraîcheur, pour ne pas dire froidure, de mes Andes chéries. Je crois que Salta m’aurait bien plus, Tarija aussi peut-être, mais j’avais besoin de me débarrasser de ce transport, de m’ancrer quelques jours dans un lieu connu avant mon retour… et le goût de retrouver les prix boliviens également.
La Paz n’est pas la maison, mais elle est génératrice d’une puissante familiarité. C’est étrange, je la retrouve comme si je retrouvais une vieille amie, les mêmes conversations qui reprennent là où elles avaient été laissées, les mêmes silences chargés de sens, la même quiétude effervescente. L’étrange avec La Paz est que je ne sais pas si c’est mois qui l’habite où si c’est elle qui m’habite. Un peu des deux sans doute. Je me souviens qu’à mon arrivée ici en septembre je n’avais que hâte de la fuir vers Sucre, je voulais une stabilité que je ne pouvais sentir ici. Maintenant, pourtant, il m’est drôle de retrouver cet exact sentiment absent à l’époque. L’Argentine m’a sans doute tant promené, sur des milliers de kilomètres, que l’idée de rester dix jours au même endroit suffit à générer le réconfort dont j’ai besoin. Ça, et l’idée de pouvoir me guider que de mémoire, de marcher sur une topographie ancrée en moi.
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