Tuesday, January 8, 2008

Chimie des solutions

(rédigé le 4 janvier)

Je viens de passer les deux pires journées de mon séjour. Il fait si chaud ici que l’on ne peut même pas dire que je me liquéfie, je me sublime. Aujourd’hui : 100 % d’humidité – parler de saturation de l’air est un euphémisme, l’air est un lac –, 42 degrés. Je n’ai même pas le temps d’avoir envie de mourir, je meurs.

Organisé comme je suis, j’ai supposé que je n’avais pas besoin de via pour entrer au Paraguay. Ainsi, après plus d’une heure de retard au terminal et environ 17 heures de bus (la clim dans le tapis, de quoi attraper une bronchite), c’est avec une joie à peine contenue que le douanier m’annonce que ma supposition était erronée. Canada : visa consulaire, 100 $ ! J’ai alors mis mon visage innocent et fauché de manière à trouver une solution… Mon premier douanier soudoyé, mais ça, il me l’a bien dit, c’est juste entre lui et moi…

Quelques minutes et trop de dollars plus tard, Asunción nous accueil dans son accablante chaleur. Ostie de shit hole ! Dans ma liste d’endroits les plus moches au monde (oui, oui, j’ai une telle liste), nous avons un nouveau champion. La capitale du pays des jésuites aidée de son climat tropical, est laide, les bâtiments coloniaux sont en déliquescence, les plus modernes s’avèrent inachevés, la villes est polluée, sale, puante, ses gens y sont antipathiques, etc. Imaginez Pisco – du temps où elle existait – mais avec 10, 15, 20 fois plus d’habitants : ostie de shit hole, je disais.

Après être mort de chaud à chaque coin de rue et après n’avoir dormis que d’un seul œil, moite de surcroît, nous avons pris le bus vers Ciudad del Este, question de transiter vers Puerto Iguazú, objectif premier de notre périple. Ce trajet m’a permis de constater que les systèmes d’autobus paraguayen et bolivien sont fort similaires. Pour 40 sièges, 55 billets de vendus, le trajet pris plus ou moins 40 % de plus de temps que prévu, etc. Le retard a pour conséquence que l’on rate le dernier bus pour l’Argentine et que, étant donné que mes compagnons de voyages sont trop cassés pour prendre le taxi jusqu’à la frontière, on dort une nuit de plus dans le pays enclavé. Cette veillée supplémentaire m’exposant peut-être à de nouveaux problèmes frontaliers n’ayant un visa valide que pour deux jours (tout c’est finalement bien passé)…

À ce moment, je commence, fatigue et chaleur aidant, à être pas mal en criss. On rejette les deux premiers hôtels, trop chers pour mes Allemands. Là, je suis en tabarnak, je commence à penser à foutre le camp tout seul. On trouve finalement un hôtel abordable. Alors que l’on commence à se faire à souper, je visite notre salle de bain et y rencontre la famille de cucarachas shootée aux hormones avec qui l’on partage la chambre… Le sourire me revient à ce moment. Bon appétit.

En retournant plus tard aux toilettes, je constate qu’un lézard y a également élu domicile. Vive la faune.

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